À quatre mains

Œuvres à 4 mains réalisées avec Bernard Abtey

Des œuvres à 4 mains créées avec le sculpteur Bernard Abtey, naît une harmonie complice de dureté, de finesse et de sobriété. Je dépose mon chemin de points sur les traces de ses outils ou sur les restes aléatoires laissés par l’acide sur une plaque de zinc. Nous travaillons ensemble à élargir l’univers de l’autre.

 

Montée des eaux, une nouvelle série d’œuvres réalisées à quatre mains.

Depuis des mois il pleut, sans cesse depuis des jours. Aujourd’hui, les gouttes coulent encore au bord des fenêtres. Réfugiée auprès d’un feu de cheminée, j’accueille Bernard Abtey, mon ami sculpteur. Comme à notre accoutumée, nous discutons d’art, de nos réalisations passées et de nos envies futures. Assez rapidement, un nouveau projet se dessine ; des plaques de zinc, de l’acide, des paysages aquatiques, des gouttes peintes … nous sommes déjà regardés par l’œuvre à venir, nous serons indiscutablement coauteurs de Montée des eaux.

Montée des eaux est pour moi une nouvelle recherche de l’exactitude de la ligne, un support brut travaillé par Bernard sur lequel je viens cartographier des paysages de gouttes. Pour garder l’étrangeté de ces tableaux, il me faut garder une brume constante, tout en cernant les perles d’eau. Depuis plusieurs années je surligne la nature, l’image, le détail existants, ici, c’est à nous de les recréer. Je ne cherche plus un cheminement de vie, mais le ruissellement de l’eau. Comment donner un rythme à la pluie ? Comment faire entendre le bruit d’une goutte, de l’averse, de l’ondée, du torrent ou de la mer ?

Je fais ici appel à nos souvenirs les plus profonds, à la contemplation, aux détails du quotidien qui viennent créer sans cesse des images mentales qui composent la mélodie que chacun se fait du monde. L’eau, origine et dessin de chaque vie sur Terre, est à elle seule un tableau sans cesse en mouvement. Je me permets de dessiner les paysages de ses mouvements ; la fonte des glaces, l’inondation, la pluie, la rosée, des images qui nous renvoie autant à la force destructrice de la nature qu’à sa poésie.